S’informer sur le dépistage - Institut National du Cancer

S’informer sur le dépistage

Le dépistage du cancer du sein

Le dépistage du cancer du sein vise à détecter une tumeur dans le sein, avant même qu’elle ne soit palpable ou que d’autres symptômes apparaissent. L’objectif du dépistage est de diagnostiquer un cancer à un stade précoce, dans le but de mieux le soigner, avec des traitements moins lourds.

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme avec près de 48 800 nouveaux cas par an. Il constitue également la première cause de décès par cancer chez la femme, avec 11 900 décès par an.

Plus d’informations sur le dépistage et la détection précoce (INCa)
Toutes les données sur le cancer du sein (INCa)

Le programme de dépistage organisé du cancer du sein

En France, le dépistage du cancer du sein est proposé de façon systématique par courrier, tous les deux ans, à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui n’ont pas d’antécédents personnels ou familiaux particuliers. C’est le programme national de dépistage organisé du cancer du sein.

L’examen permettant le dépistage du cancer du sein est une mammographie (radiographie des seins), complétée par un entretien médical et une palpation des seins. Ces examens sont pris en charge à 100% et se font sans avance de frais pour les femmes.

En savoir plus sur le dépistage organisé du cancer du sein (INCa)

Plus de 22 millions de mammographies ont été réalisées dans le cadre du programme en dix ans d’existence, soit environ 2,45 millions de mammographies par an pour 4,75 millions de femmes invitées (52 % de participation).

Le nombre de cancers du sein détectés par le programme de dépistage est passé de 12 500 en 2004 à près de 17 000 aujourd’hui. Cela représente un tiers des cancers du sein diagnostiqués au cours de l’année. Pour 1 000 femmes participant au dépistage organisé, 6,8 à 7 cancers du sein seront découverts.

L’évaluation épidémiologique du programme de dépistage du cancer du sein (InVS)

Le dépistage organisé du cancer du sein : numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (2012)

Analyse éthique du programme de dépistage du cancer du sein (rapport du Groupe de réflexion sur l’éthique du dépistage, 2012)

La participation au dépistage du cancer du sein connait des variations selon les départements, mais aussi selon d’autres critères, comme par exemple certaines caractéristiques socioéconomiques des femmes.

La participation au dépistage du cancer du sein : situation actuelle et perspectives d’évolution (HAS)

Consultez différentes données disponibles sur la participation au dépistage du cancer du sein

Les bénéfices et les risques liés au dépistage

Le dépistage du cancer du sein présente des bénéfices, mais aussi certains risques. C’est la compréhension de ces bénéfices et de ces risques qui permet à une femme de décider de participer, ou non, au dépistage. Au plan collectif, l’analyse des bénéfices et des risques permet aux pouvoirs publics de recommander la pratique du dépistage et de l’organiser.

Les programmes de dépistage ont pour objectif principal de réduire le nombre de décès par cancer. Le dépistage du cancer du sein par mammographie fait l’objet de nombreuses études internationales. Si cette évaluation est complexe, l’analyse des études les plus récentes permettent d’estimer que la réduction de mortalité par cancer du sein serait de l’ordre de 15 % à 21 %. De 150 à 300 décès par cancer du sein seraient évités pour 100 000 femmes participant régulièrement au dépistage pendant 7 à 10 ans. Par ailleurs, les cancers détectés à un stade précoce de leur développement permettent, en général, des traitements moins lourds et moins mutilants.

Le programme national répond en outre à des exigences de qualité strictes (professionnels spécifiquement formés, contrôle systématique des appareils de mammographie, clichés de mammographie lus par deux radiologues…) et il est régulièrement évalué.

En revanche, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, le diagnostic ne permet pas de distinguer les cancers qui vont évoluer, et qui sont majoritaires, de ceux qui évolueront peu ou qui n’auront pas de conséquences pour la femme concernée (10 à 20 % des cancers dépistés, selon les études). Pour ces cancers, qui n’auraient pas été découverts en l’absence de mammographie, on parle de « surdiagnostic ». Par précaution, il est proposé de traiter l’ensemble des cancers détectés, ce qui peut entrainer du « sur-traitement ».

Par ailleurs, comme toute radiographie, la mammographie expose à des rayons X. Une exposition répétée peut entrainer, dans de rares cas, l’apparition d’un cancer. Ce risque de cancer dit « radio-induit » est très faible dans la tranche d’âge du dépistage organisé. En effet, après 50 ans, la densité des seins diminue et les doses de rayons nécessaires à la mammographie sont plus faibles.

En savoir plus sur les bénéfices et les risques liés au dépistage (INCa)

Quelques éléments bibliographiques (accès libre) :

Le dépistage du cancer du sein par mammographie : revue de la collaboration Cochrane (2013)

The benefits and harms of breast cancer screening: an independent review (MG Marmot and the UK panel on Breast cancer screening, 2012)

Le dépistage du cancer du sein (synthèse de littérature par C. Hill, 2014)

 

Articles payants et/ou disponibles sur abonnement :

Évaluation du Centre de international de recherche sur le cancer (CIRC-IARC) de l’OMS : Breast-cancer screening–viewpoint of the IARC Working Group, N Engl J Med. 2015 Jun 11;372(24):2353-8.

Trois articles de la revue Prescrire :

– Dépistage des cancers du sein par mammographie – première partie : essais randomisés : diminution de la mortalité par cancer du sein d’ampleur incertaine, au mieux modeste : Rev Prescrire 2014 ; 34 (373) : 837-841

– Dépistage des cancers du sein par mammographie – deuxième partie : comparaisons non randomisées : résultats voisins de ceux des essais randomisés : Rev Prescrire 2014 ; 34 (373) : 842-846

– Dépistage des cancers du sein par mammographie – troisième partie : diagnostics par excès : effet indésirable insidieux du dépistage : Rev Prescrire 2015 ; 35 (376) : 111-118

Le dépistage des femmes à risque élevé et très élevé

Le risque de développer un cancer du sein augmente avec l’âge. En l’absence d’autres facteurs de risque, on parle d’un niveau de risque « moyen ». C’est à ces femmes que s’adresse aujourd’hui le programme national de dépistage du cancer du sein.

Certaines femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux, ou des prédispositions génétiques, ont un risque aggravé, dit « élevé » ou « très élevé », d’être atteintes de ce cancer. Des modalités de dépistage adaptées peuvent leur être proposées.

En savoir plus sur les niveaux de risque de développer un cancer du sein (INCa)

En savoir plus sur le dépistage des femmes à risque élevé (HAS)

Sources

www.e-cancer.fr, site de l’Institut national du cancer (INCa)
www.invs.sante.fr, site de l’Institut national de veille sanitaire (InVS)
www.has-sante.fr, site de la Haute Autorité de santé (HAS)